MON HISTOIRE

Je m'appelle Isabelle.

Si j'accompagne aujourd'hui les femmes en épuisement professionnel, ainsi que les personnes qui vivent avec des traumas et des souffrances psychologiques et émotionnelles, ce n'est pas un hasard : c'est mon vécu.

Depuis que je suis enfant, je vis avec des angoisses. Elles ont toujours été là. Je pensais que c'était normal. Je croyais que tout le monde vivait plus ou moins avec ça.

J'ai vécu des choses que je considérais comme allant de soi. Je ne les remettais pas en question. C'est bien plus tard, en me formant aux psychotraumatismes, que j'ai compris que non. Que ce que je vivais était lié à des traumas anciens et à un état d'hypervigilance permanent.

Pendant plus de quarante ans, j'ai cru qu'il y avait "quelque chose qui clochait chez moi".

Pour des raisons que je tairais, je n'ai pas pu faire les études que je voulais. J'ai été obligée de travailler. J'ai toujours fait des emplois que je détestais. Je me sentais profondément mal, et en plus de ça, ma famille me culpabilisait énormément.

On me répétait sans cesse que j'avais de la chance d'avoir un emploi. Alors je me taisais. Je continuais. Je gardais tout à l’intérieur.

Je ne me suis jamais épanouie professionnellement. Jamais.

J'ai consulté des psychologues. J'ai compris beaucoup de choses. Mais les crises d'angoisse, elles, ne disparaissaient pas.

Avec le temps, la fatigue, l'angoisse et la perte de sens se sont accumulées. J'ai fini par entrer en bore-out. Ce n'était pas du stress, ni un trop-plein. C'était le vide. Le sentiment de disparaître doucement, sans bruit, de m'éteindre de l'intérieur.

J'étais maman solo. La seule source de revenus. En arrêt de travail, je ne touchais plus que 60% de mon salaire. J'ai tout perdu. J'ai dû vendre ma maison.

Il y a tellement de choses que je n'osais pas m'avouer. Je me jugeais moi-même. Et j'avais peur d'être jugée si j'en parlais. Je n'avais personne de confiance. Et encore aller voir plusieurs personnes pour dire et redire mon histoire - je n'en avais pas la force.

C'est là que j'ai pris une décision. Celle d'investir en moi. D'abord dans mon rétablissement, puis dans ma reconstruction.

J'ai fait des séances de diverses méthodes. J'ai fait des coachings. J'allais de mieux en mieux mais les accompagnements étaient trop courts, et je devais à chaque fois recommencer à zéro, répéter encore et encore la même histoire. C'était épuisant.

Deux ans après mon épuisement (j'étais encore en épuisement d'ailleurs) j'ai commencé la Communication Non Violente. Pas pour apprendre à parler aux autres. Pour apprendre à me comprendre moi-même. À nommer ce que je ressentais. À ne plus être étrangère à mes propres émotions. A reconnaître mes besoins.

Et puis, un jour, j'ai voulu accompagner les autres à mon tour. Je me suis formée au coaching. Mais je n'ai pas osé me lancer. Je me sentais illégitime, sans vraiment comprendre pourquoi.

Je me suis tournée vers autre chose. J'ai créé mon entreprise. Et là, les angoisses sont revenues. Avec une intensité qui me laissait KO. Les insomnies aussi. Et je ne comprenais pas pourquoi.

Une personne que je connaissais m'a parlé de la méthode 4F. Je l'ai appelée pour savoir si ça pouvait m'aider parce que continuer avec ce niveau angoisse c’était trop.

J'ai commencé les séances. Et en quelques séances, mes angoisses ont disparu.

Je n'avais plus besoin de comprendre d'où elles venaient. J'avais juste besoin que ça s'arrête.

Quelques mois plus tard, quand j'ai vu ce que cette méthode avait changé en moi, je me suis formée en psychotraumatisme et en désensibilisation par la méthode 4F©, pour pouvoir l'utiliser à mon tour. Aujourd'hui encore, je continue : formations, mentorat, outils, recherches.

Pas pour accumuler des diplômes. Mais pour comprendre réellement ce qui se joue quand une personne s'éteint, s'épuise, se coupe d'elle-même, ou avance en mode survie sans même s'en rendre compte.

Et aujourd'hui encore, je suis moi-même accompagnée par quelqu'un qui pratique la méthode 4F. Parce que ce chemin, je ne le considère pas comme terminé. Je le vis de l'intérieur, en tant que praticienne, et en tant que personne.

Tu sais à qui j'aurais aimé parler, à l'époque où j'étais à bout ? À moi. Celle que je suis aujourd'hui. Celle qui a traversé tout ça, qui s'est formée, qui sait ce que c'est de chercher de l'aide quand on n'a plus d'énergie.

C'est depuis cet endroit là que j'accompagne aujourd'hui. Avec une compréhension vécue de ce que signifie tenir, s'adapter, culpabiliser, se forcer… jusqu'à ne plus pouvoir.

Quand on a mal quelque part, on va chez le médecin. Pourquoi ne pas faire la même chose quand on se sent mal à un autre niveau et qu'on a envie d'aller mieux ?